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J’ai de l’eau dans
les yeux
C’est comme un grand
voile bleu
Une impression de
froid
Qui me laisse sans
voix
J’ai envie de hurler
De casser, tout
brûler
Je sens que je perds
pied
Que je suis en papier
La vie est si dure,
la vie est cruelle
Pourquoi lutter si on
ne peut gagner ?
Pourquoi lutter si on
ne peut gagner ?
Tu étais mon histoire
Un peu comme un
miroir
Mes racines et mon
sang
Mon repère et mon
temps
Tu nous as fait
grandir
Sans jamais nous
trahir
A supporter les poids
Pour nous ouvrir la
voie
La vie est si dure,
la vie est cruelle
Pourquoi lutter si on
ne peut gagner ?
Pourquoi lutter si on
ne peut gagner ?
On a tout essayé
Tu as toujours lutté
C’était perdu
d’avance
Tu n’avais aucune
chance
Maintenant tu t’en
vas
Tu nous laisses tous
là
Tu ne reviendras pas
Je meurs aussi papa.
La vie est si dure,
la vie est cruelle
Pourquoi lutter si on
ne peut gagner ?
Pourquoi lutter si on ne peut gagner ?
TRISKELE
Je hurle au vent que le temps est un crime
Et ma rage s'envole au-delà des cimes
Adossé à la pierre dressée, colère
J'abomine l'océan mangeur de terre
Peuples passés, nous revêtons vos ombres
Et la terre héritée devenue sombre
Ne porte plus que vos pâles répliques
Egarées, très loin des valeurs Celtiques
A quoi sert donc de porter le Triskèle
Si de sa culture on ignore le sel
Préférant à tout ce qui est virtuel
Parcelles d'hébétude en guise de rituel
Fils d'Armorique, sortez donc de l'éther
Sauvez la langue et conservez la terre
Ainsi vous rendrez hommage aux ancêtres
Et l'âme du triskèle sauverez peut-être
Petit bonhomme
Il t'a suffi d'un cri pour me donner la
force
Et de ton petit lit tu as brisé l'écorce
Avec ton petit nez, ton rire et tes fossettes
Mon cœur est en émoi, mon cœur s'en va en miettes
Petit bonhomme qui court toute la journée
Ne grandis pas trop vite, apprends-moi à t'aimer
Tes rires et tes chansons résonnent dans la maison
Apportant de la joie comme une floraison
Et si parfois tu pleures les genoux abîmés
Je sèche alors tes pleurs c'est déjà oublié
Petit bonhomme qui court toute la journée
Ne grandis pas trop vite, laisse-moi te guider
Tu veux grandir plus vite pour devenir un homme
Pour parcourir le monde, devenir autonome
Tu as le temps tu sais ne sois pas trop pressé
Reste dans l'insouciance, laisse le temps passer
Petit bonhomme qui court toute la journée
Ne grandis pas trop vite, je veux en profiter
Et quand un jour plus tard tu devras t'en aller
Tu auras dans ta poche un double de mes clés
Tu grandiras encore de bien d'autres façons
La vie pour toi sera j'espère une moisson
Petit bonhomme qui court toute la journée
Ne grandis pas trop vite, j'ai appris à t'aimer.
Lou dans le noir
Lou crie qu'elle a mal et
qu'elle n'en peut plus
De ses douleurs qui n'en finissent plus
Recroquevillée sur le brancard qui roule
Les yeux fermés pour ne pas voir la foule
Seule, Lou survit dans un
petit espace
En haut d'une tour, cube à une seule face
Perdue dans la ville, sans âme sans espoir
Perdue sa vie, sans amour dans le noir
Des rencontres viles, amours
mensongères
Lou est sortie salie, plus bas que terre
Abandonnée sans aucun réconfort
Pleure petite fille, dans le noir, pleure et dors
A force d'espérer
sans rien voir venir
Lou a perdu pied sans plus d'avenir
En préférant le sommeil à l'ennui
Elle s'est enfuie en choisissant la nuit
C'est quand Lou meurt qu'on
veut s'occuper d'elle
Car la mort ne devrait pas venir d'elle
Partir à petit feu est plus moral
Rassure les anxieux d'une peur viscérale
Lou s'endort doucement dans
un couloir
Elle passe de l'autre côté du miroir
Recroquevillée sur le brancard qui roule
Les yeux fermés pour ne plus voir la foule
Pavillon noir
Et dansons donc la
capucine
Il y a bien trop de
pain chez nous
Et tant pis pour ceux
qui faminent
On garde tout rien
que pour nous
Alors qu'on fonce
droit dans le mur
Comme nos anciens
l'ont déjà fait
Nos enfants jouent et
se murmurent
Des mots d'amour et
c'est parfait
On s'ingénie
à leur
mentir
A coup de sucre et de
Disney
On leur fabrique quel
avenir
Dans ce mirage qui
pue au nez
Pendant qu'on danse
la capucine
Sous le joli pont
Mirabeau
On sème des idées
assassines
Ailleurs on nous
creuse le tombeau
Quand nos enfants si fiers
de nous
A l'aube d'un jour
bien pâlot
Diront en pensant
bien à nous
Le père noël est un
salaud
Allons enfants de la
patrie
Les étendards sont à
ranger
Nos idées sentent le
mépris
Et nos enfants sont
en danger
Et dansons donc la
capucine
Il y a bien trop de
pain chez nous
Et tant pis si on
assassine
Tous ceux qui vivent
autour de nous
Partir
Le Graal
Fameux calice,
finement ciselé
Soyeuse coupe, aux
abords ourlés
Petit animal toujours
perché
Tropical et ma foi
bien caché
Imaginé,
rêvé,
convoité
Tous les délices
qu'il fait miroiter
Ne s'expose que peu à
la lumière
Delta, objet de bien
des mystères
Soyeux ou dépourvu de
toison
Toujours incline à la
pamoison
Qu'importe sa forme
ou bien sa taille
Il est l'enjeu de
toutes les batailles
Parmi les offrandes,
est le summum
S'il s'abandonne
au désir,
en somme
Quand timide, émerge
des ténèbres
Pour offrir enfin, la
coupe aux lèvres
Mer
amère
L’océan
est doué de vie. Peu d’hommes le
connaissent vraiment.
La
plupart le contemplent de la côte
sans jamais oser entrer en son sein, loin de toute terre, avec comme
seuls
repères l’horizon lointain pour
l’œil, et Dieu pour la raison.
Créature
merveilleuse et capricieuse, la
mer embrasse ses marins comme une mère ses propres enfants,
d’une étreinte
charnelle.
La plupart du temps, folle
d’amour, elle
les porte avec passion, les berçant tendrement.
Mais parfois,
hérissée d’une blanche
colère, elle devient alors sombre de cruauté.
Pourtant, toujours
adorée.
L’homme
de la mer qui connaît le monde
dans sa diversité est un homme à part.
Ni meilleur ni pire que les
autres, il
est pourtant bien différent car s’il a su tirer
profit de ses voyages, son œil
a changé. Réorganisant l’ordre des
priorités dans son existence.
Les
marins sont les cavaliers de
l’écume, chevauchant sans cesse les
crêtes vers l’inconnu.
Pressés par un vent
qui selon son humeur
les caresse affectueusement ou bien les gifle cruellement,
ils sont de toute
génération soumis au mouvement
perpétuel qui les berce et parfois les tue.
Partir
en mer n'est pas seulement
partir.
Bien plus qu'un voyage, il est
davantage
question d'aventure et d'abandon.
Abandon du commun pour vivre
davantage,
plus fort et bien plus loin.
Apprendre à se faire
face, sans pleurs
et sans fards.
Savoir enfin accepter son
destin; avec
honneur, en homme en
somme.
La
richesse du marin n'est pas or qui
brille mais lueur au fond des pupilles,
Quand le commun se plaint ou se
vante,
l'homme de la mer compatit.
Pas à ses plaintes ni
à ses leurres,
mais à l'origine de ses malheurs:
Une vie trop pauvre et sans
saveur.
Dans
la nuit terrible d'une mer
démontée, la noirceur de la tourmente.
Quand plus d'horizon devant, que
la
tunique noire de la fureur mordante.
Alors que le vent griffe et
hurle
ameutant les vagues qui écument de rage.
Et que la mer avale et happe la
proue,
funestes prémices du naufrage.
Garde l'âme
prête, et défends ton clan
car la mer s'apprête à te prendre en son flanc.
C'est le jour où tout
sombre comme c'est
à chacun le lot sur cette terre,
Mais tes regrets à
toi sont moindres et
ton trépas moins amer.
Car c'est le plus beau destin du
marin
que d'aimer et mourir en mer.
L'eau
et le sel sur ta peau, ton destin
scellé sur les fonds baptismaux.
Sentant la mer, rêvant
d'autres terres,
priant le vent ainsi que les flots.
Des anciens qui la vraie vie
connaissent, la peau brunie, l'âme en paix.
En leurs noms grandis, deviens
marin et
ta route traces d'un trait.
Sur le gaillard d'avant ou dans ta
bannette, ton cœur s'accorde à l'océan,
La terre est ronde et tu la connais fort
bien maintenant.
Plié
par le vent, perdu dans la
tourmente au milieu de l'océan.
Petit être qui lutte en vain contre la
fureur des éléments.
Courbe l'échine sur ton esquif, le dos
rond, la mise soumise.
Sais-tu prier marin ? Pour que tes
tourments s'amenuisent ?
Quand plus rien n'y fait et que l'espoir
s'estompe, loin des terres.
Seul Dieu entend, dans cet enfer
mouvant, les cris du pauvre hère.
Prie marin, prie pour toi, mais pas
seulement.
Grandeur de Foi ne s'adresse pas à soi,
même dans les pires moments.
Des
petits singes
Des petits singes qui sur mes épaules,
vont muets
J'avance sans les voir, quand soudain me
chantent leur air
Me rappelant cyniques, ainsi mes erreurs
passées
Petits
êtres capricieux, si discrets en
général
Bondissant brutalement quand je m'y
attends le moins
Ravivent au plus profond de moi un
malaise moral
Souvenirs enfouis, refoulés, qu'ils
agitent du poing
Vous avez les vôtres aussi, et c'est
loin d'être drôle
Perchés sur votre dos, ils sont
réellement en vous
Ils ne sont pas méchants, remplissant
juste leur rôle
Vous devez les sentir, plongeant dans
votre moi béant
Ils ont grandi au gré des hontes
inavouables
Et sourient tristes et pâles, petits
témoins gênants
Si nous pouvons le supporter, ne nous
rend pas meilleurs
Mais accepter de voir ce qui nous est
montré sans dam
En ce courage réside le véritable
honneur.
Danseurs
enlacés
Partenaires grandissant au fil des
années
Dans ma mémoire sont présents, danseurs
enlacés
Je pleure mes erreurs, puis-je être
pardonné ?
Le compte aujourd'hui devenu nécessaire
Les danseurs devant moi repassent
toujours fiers
Je pleure mes erreurs, suis-je bien
sincère ?
Demain
recommencerai, la mémoire active
Sur la musique chaloupée de la vie
votive
Danseurs éclairés sur
mélopée captive
Je pleure mes erreurs, sont-elles
effectives ?
A nouveau les comptes seront présentés
La mémoire mise à nu, les danseurs
séparés
Je pleure mes erreurs, dois-je
recommencer ?
J'espère un encore, un nouveau un toujours
Je ne serai pas seul à danser sans atour
Je pleurerai mes erreurs, pour vous mes
amours ?
Evolution
Ne peut-on pas leur rendre enfin le monde meilleur ?
Tous ces enfants qui hurlent seuls au milieu de
l'horreur
Comment pouvons-nous aujourd'hui supporter leur
douleur ?
Dans nos costumes de ville, notre confort, lourds,
lourds
Nous sommes témoins de ces cris déchirants, mais
bien
trop sourds
Petits êtres naissants, demain à qui sera le tour ?
Mes prières sont restées vaines, tristes promesses
Quel Dieu faut-il prier pour qu'enfin le mal régresse
?
Existe-t-il seulement un Dieu que cela intéresse ?
Bien sûr les voies, les moyens diffèrent, mais
tombent
les têtes
Ces ennemis tout trouvés pour une meilleure recette
Des ressources, du terrain, l'ascendant et le reste
Courir la terre; l'espace, offert nous exhorte
A nous unir enfin en une seule cohorte
Celle d'une humanité apte à franchir sa porte
C'est un frein au destin que l'univers nous a écrit
Tant qu'il faudra des pauvres pour que les riches
sourient
L'envol de l'humanité ne pourra être entrepris
Larmes honnies
Elles
naissent, gouttes des cieux
Sourdant du fond de nos yeux
Comme lorsque le ciel se plombe
Alors que l'âme tombe
Ces âmes que la douleur mine
Pleurent des larmes, perles de
spleen
Elles
s'animent sur nos visages
Délavés par les outrages
Elles perlent sur nos deux joues
Et retiennent tout de nous
Ces âmes que la douleur mine
Pleurent des larmes, perles de
spleen
Elles
meurent sur nos lèvres
Cristaux fondant de fièvre
Sombrent au fond de nos bouches
Sels de la douleur farouche
Ces âmes que la douleur mine
Pleurent des larmes, perles de
spleen
La
grande houle de nos coeurs
Avance, couvre ces heurts
Tant de bonheur et de malheur
Parsemés de nos erreurs
Ces âmes que la douleur mine
Pleurent des larmes, perles de
spleen
Elles
troubleront nos esprits
Pour changer toutes nos vies
Se dilueront sous la pluie
Presque perdues dans l'oubli
Ces âmes que la douleur mine
Pleurent des larmes, perles de
spleen
J'aimerais
tant les apaiser
Ces âmes à la dérive
Qui ont nagé
et tant ramé
Ces larmes s'y
écrivent
La caresse
Pré
carré de la main, est à
tort réservée
Lieu commun pour bon nombre,
autre en réalité
D'aspects nombreux, divers,
elle se pare, variété
Invitation, plutôt que
finalité; rêvée.
Regard
appuyé, sourire
timide entendu
Battement de cils soyeux,
ailes ludiques
Souffle léger dans le cou,
air érotique
Séduction, avant que les
corps ne soient rendus
Mots
précieux et choisis
chuchotés en public
Geste discret, précis que
nul autre ne voit
Improvisé toujours, jamais
ne se prévoit
Intention délicate pour
armer le déclic
La caresse avant tout se
veut délicatesse
Prélude
à l'amour, base de
la séduction
Quels que soient les
sens,
génératrice de tension
De près comme
de loin, à
tous nos sens s'adresse
"Mascarade"
Si le
sourire nous rend conformes, nous fait tous entrer
dans la norme.
Dans un monde si merveilleux, ou dans la ronde du tellement
mieux.
Loin des pleurs et des grands heurts, baignant dans un
immense bonheur.
Le masque qu'on nous impose, n'est qu'une anamorphose
Tous ceux que nos yeux scrutent, pauvres âmes que l'on
ampute.
Au sein de nos fors
intérieurs, se meuvent de grandes
douleurs.
Qui surviennent tyranniques, dans nos petites vies
domestiques.
Et si impérieuses soient-elles, n'intéressent pas
le
soleil.
Frêles cuirasses de chair, les masques sourient à
la
lumière.
Au milieu d'autres ainsi vêtus, pour que la triste
fête
continue.
Pleurer est bien inconvenant,
et souffrir fort incommodant.
Pour plaire à nos tristes pairs, nous portons des
masques de chair.
A force de tant de protection, à renforts de fards,
affliction.
Nous perdons le chemin de nos cœurs, le véritable
sens
des valeurs.
Nous cacher pour qu'on nous aime, nous fait perdre
nous-même.
Le masque que sur moi je
pose, quand trop meurtri
sourire je n'ose.
Et sachant taire mes pleurs pour rire, ne veut
aucunement dire.
Que mon âme est tellement légère, au
point d'en être
délétère.
C'est simplement que par pudeur, devant vous je cache
ma douleur.
Derrière ce masque pitoyable, qui pour vous à
tout reste
préférable.
Quand une âme te
plaît
Ouvre tes yeux trompés
Tes ailes lisse avant d'aimer
Ange ému, qu'entends-tu sous ma plume ?
Quand une âme
t'horripile
Tu te montres bien vil
Tes ailes chargées d'air d'exil
Ange ému, qu'entends-tu sous ma plume ?
Quand une âme t'offre
ta quête
Tu en détournes la tête
Tes ailes lourdes s'entêtent
Ange ému, qu'entends-tu sous ma plume ?
Quand une âme
t'indiffère
Tu contemples la terre
Tes ailes alors délétères
Ange ému, qu'entends-tu sous ma plume ?
Quand une âme tient
tes prières
Tu œuvres pour qu'elle opère
Tes ailes gonflées de lumière
Ange ému, qu'entends-tu sous ma plume ?
Quand une âme te prie
en vain
Tu grandis seul, des autres loin
Tes ailes perdras si ne changes enfin
Ange ému, qu'entends-tu sous ma plume ?
Par ces mots, à lire
un temps
Tu entendras qu'un miroir je nous tends
Nos ailes gardons tout notre temps
Ange ému, entends-tu sous ma plume ?
Soleil
Rapide
est le vent qui souffle sur les
blés
Dessinant des vagues folles partout
Houle mouvante sans cesse renouvelée
Comme les rires des enfants fusant sur
tout
Le
soleil blanchit la pierre, sèche le
sable
Ranimant dans le sol, lézards, grillons
D'une année sur l'autre, révolution
stable
Ainsi que l'océan, vagues et tourbillons
Le
parfum des dunes court poussé par le
vent
Les tons du jour virent du jaune à
l'ocre
Papillons, alouettes, toujours en
mouvement
Ces journées dorées passent, foin du
médiocre
Le
ciel bleu limpide apparaît sans fond
Au loin paressent les voiles blanches
La mer irisée se pare d'un vert profond
La soif de vie des jeunes enfants
s'étanche
Il
existe des endroits de par le monde
Où l'été est un instant permanent
La vie y est plus douce et la joie
abonde
Bienheureux celui qui franchit les
continents
Regard cordial
Connaissez-vous
l'œuvre d'aimer ?
Le
coeur ouvert, les yeux fermés ?
Vous
qui ne pouvez qu'en parler !
Les
yeux ouverts, le coeur fermé !
Vous
qui n'avez pas pu aimer !
Les
yeux ouverts, le coeur fermé !
Imprégnez-vous
d'humanité
Le
coeur ouvert, les yeux fermés
Car
précieux est savoir aimer
Le
cœur ouvert, les yeux fermés
UN PETIT CRABE
Un petit crabe vert et lisse
Comme les algues qui glissent
Vient de sortir de son antre
Mû par les cris de son ventre
Que par deux pattes agrippé
Hors de l'eau très occupé
Une
vague bien plus forte
Le soulève et l'emporte
Tout petit crabe affolé
Se débat, étoile salée
Les flots qui l'auront vu naître
Aujourd'hui sont mauvais maître
Une
baliste colorée
Erre, promenant sa livrée
D'une bouchée bien distraite
S'empare de sa vie discrète
Le crustacé affamé
Aura servi d'entremets
Crabes
et balistes prenez garde
Si petit soit votre grade
La mer, en bonne marâtre
Vous occit, même opiniâtres
Tous les êtres vivant au monde
Dansent bien la même ronde
LA MURENE
Long serpent luisant caché
La murène vit retranchée
Seule sa tête à peine sortie
Concierge corallienne blottie
Tant qu'elle siège dans sa roche
On peut entamer l'approche
Si
on la croise en eau claire
Filant bon train tel l'éclair
S'en éloigner au plus vite
Sinon vient l'attaque subite
Car si murène paraît forte
La peur en elle l'emporte
Plus
d'un fut trouvé noyé
Dans corail la main broyée
Par l'éclat dans l'ombre tenté
Dans une gueule les doigts plantés
La murène alors surprise
Dans sa gueule a gardé prise
Dents
pointues et orientées
Vers l'intérieur sont plantées
De sorte que si l'on est pris
Sans couteau on périt
Car de la tête du poisson
Ou sa main choisir section
POISSON LION
Poisson
Lion, porte étendard
Dissimule ses nombreux dards
D'une humeur calme et placide
Evolue bel intrépide
Près des plus gros il s'avance
Toutes voiles sorties en confiance
Du
plus petit au plus gros
Tous les habitants de l'eau
Savent que cette belle parure
Cache la mortelle piqûre
Seuls des hommes et leur bêtise
Lion excite la convoitise
Quand
la beauté vient facile
Attiser nos vœux futiles
Il convient de raisonner
Pour qui le glas va sonner ?
Ainsi, en toutes circonstances
Le monde depuis toujours danse.
VAHINE
Si
rayonnante et sincère
Emblème de la belle Cythère
Silhouette très chevelue
Sur la plage tu vas pieds nus
Sourire nacré et ourlé
Premier jeu dévoilé
Le
tiaré sur ton oreille
Met tous mes sens en éveil
Campée fière dans la lumière
Ton paréo sans matière
Promesse si captivante
D'une liaison bien tentante
D'où
est-tu belle vahiné ?
Peut-être bien de Huahiné
Ou alors fière Paumotu
Native des Tuamotu ?
Quel que soit ton bel atoll
Toute ton apparence affole
Bien
cachés dans ton faré
Par l'amour si affairés
Comme ta mine si mutine
Te fait penser très coquine
Tes yeux en forme d'amande
Te dénoncent comme gourmande
Tes
deux mains d'abord timides
Sur mon corps vont intrépides
J'embrasse tes lèvres si douces
Une telle fièvre à mes trousses
Sous ta toison abondante
Ta porcelaine est fondante
Danse
sur moi ton tamuré
En toi vient mon to'éré
Ton paua encore scellé
Cède à mon pénu
zélé
Statut de femme te confère
Et de tes tabus libère
La
raie tatouée sur tes reins
Danse sur un gai refrain
Celui d'un râle baroque
Témoin d'émois réciproques
Tu es un lys, vahiné
Au don de l'amour inné.
POLYNESIE
Comment
te faire comprendre
Que je t'aime d'un amour tendre ?
Loin des vues élémentaires
Simplement d'amour sincère
Par trois fois je t'ai connue
En deux décennies ténues
Mais
je ne puis nous unir
Pour le meilleur ni le pire
Un lien trop fort m'en empêche
Battant cet amour en brèche
Loin de toi m'appelle sans cesse
Nommant ton attrait faiblesse
Quelle
ironie du sort
Ton nom signe le désaccord
Synonyme de Tantale
Cornélien le doute s'installe
Mais la raison qui s'impose
Frappe mon élan d'une pause
Ne
pourrais sans rien casser
Ni trahir ou bien blesser
Décider en ton sein vivre
Danser, de ton parfum ivre
Les rendez-vous se terminent
Je m'en irai triste mine
Par
un ciel bas et plombé
Une pluie dense vient tomber
Sur les feuilles, les toits, perçant
Vacarme inouï incessant
Le bas grondement parcourt
La vallée en géant lourd
Les
animaux et les hommes
De concert s'abstiennent en somme
Le temps et la vie arrêtés
Par l'orage sont mâtés
Toutes les couleurs assombries
Tendent à tirer vers le gris
Est-ce
le jour ou bien la nuit ?
Quand au ciel plus rien ne luit ?
Tous les vivants repliés
Sous la pluie multipliée
En ce temps mieux vaut se taire
Pris dans le vacarme austère
Tous les parents
empêchés
Sous le déluge
rapprochés
Quand le soleil reviendra
Une vallée
nouvelle vivra
En attendant elle repose
Le temps que les Dieux
disposent